Chantiers & sécurité : ce qu’il faut savoir sur les EPI

Les Equipements de Protection Individuelle, ou EPI, sont indispensables à la bonne sécurité du personnel travaillant sur un chantier, quel qu’il soit. Il est donc primordial de bien les choisir et de privilégier la qualité, pour travailler dans de bonnes conditions et en toute sécurité.

Un EPI est, selon le Code du Travail (article R.233-83-3), un « dispositif destiné à protéger un individu contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa sécurité ou sa santé dans son activité ou son travail ». Souvent, l’EPI est un vêtement de protection professionnel ou un accessoire. Les EPI sont régis et réglementés par la loi :


Que disent les textes ?

Le code du travail définit et encadre les obligations de l’employeur en matière d’EPI. Celui-ci se voit alors responsable et dans l’obligation de garantir à ses employés la sécurité sur leur lieu de travail.

Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

Lorsque sur un même lieu de travail, les travailleurs de plusieurs entreprises sont présents, les employeurs doivent coopérer à la mise en œuvre des dispositions relatives à la sécurité, à l’hygiène et à la santé selon des conditions et des modalités définies par décret en Conseil d’État.

Si les risques ne peuvent être évités ou limités par des moyens techniques, l’organisation du travail ou des mesures de protection collective, l’employeur est contraint de fournir un ou des EPI à ses salariés.


Risques encourus et catégoriation des EPI

Les risques encourus sont aussi nombreux que variés. Il convient de bien les connaître pour s’en prémunir au mieux :

  • Risque biologique (inhalation d’agents biologiques)
  • Risque chimique (contact des mains ou de la peau avec des produits chimiques)
  • Risque mécanique (chutes en hauteur, choc, projections dans les yeux…. )
  • Risque électrique
  • Risque de plaie (coupure, abrasion, impact)
  • Risque thermique (en chambre froide ou dans un lieu exposé à de fortes chaleurs)
  • Risque de rayonnements ionisants ou non ionisants
  • Bruits

Les EPI sont ainsi catégorisées en fonction de la gravité des risques encourus :

  • EPI de classe I : équipements de travail couvrant les risques mineurs
  • EPI de classe II : équipements de protection spécifique pour les risques importants
  • EPI de classe III : équipements de sécurité

Une typologie en fonction de la zone corporelle protégée

Les EPI regroupent un large panel d’équipements, qui protègent l’ensemble des zones du corps, de la tête aux pieds. Il est donc naturellement possible de les classer ainsi :


Quel EPI choisir ?

Pour choisir un EPI garantissant une sécurité optimale face aux risques, il convient d’être attentif à plusieurs paramètres.

Les obligations de l’employeur

Le Code du travail Article L4121-1 prévoit que :

« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. […] L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.».

Les sanctions prévues dans le code pénal pour un employeur qui ne respecteraient pas cette obligation de sécurité sont lourdes : jusqu’à 75 000 euros d’amende et 5 ans de prison en cas de blessé ou tué.

Si le prix d’achat peut être un frein pour l’employeur, les fabricants et distributeurs proposent des équipements certifiés à prix concurrentiels.

Aussi, l’employeur peut consulter le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), des délégués du personnel ou des prestataires qui l’accompagneront et l’aiguilleront dans son processus de mise à disposition et d’utilisation des EPI.

Les contraintes liées à l’activité

De nombreux paramètres conditionnement le choix d’un EPI approprié. Ils concernent l’environnement du poste de travail et l’activité en elle-même, et doivent être clairement identifiés et analysés. Il convient donc de :

  • lister les risques et les contraintes de chaque poste de travail
  • définir le niveau d’intensité de ces risques
  • tenir compte des manipulations et des tâches à accomplir
  • définir la durée et la fréquence de l’exposition
  • analyser la compatibilité des différents EPI
  • tester les EPI sélectionnés
Les contraintes liées aux utilisateurs

Le port d’EPI, bien que nécessaire, peut s’avérer inconfortable et gênant. C’est l’argument le plus fréquemment avancé par les salariés qui ne portent pas leur(s) EPI.

Pour contrer cette problématique, il est intéressant de mettre en place une période d’essai des EPI. Celle-ci peut permettre, comme pour les appareils de protection respiratoire, l’ajustement à la morphologie de l’utilisateur. Elle conditionne l’efficacité de la protection.

Crédit : Guilherme Cunha
Crédit : Guilherme Cunha

L’écoute attentive de vos salariés vous permettra de mieux anticiper leurs besoins et de leur proposer des EPI adaptés, alliant confort et sécurité est la clé. Un bon EPI est avant tout un EPI porté.

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